Ma dernière chronique

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1993 : Sophie Delalande est folle d’amour pour sa fille Hortense, presque trois ans, qu’elle élève seule. Celle-ci lui permet d’oublier les rapports difficiles qu’elle entretient avec le père de cette dernière, Sylvain, un homme violent qui l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte et à qui elle refuse le droit de visite. Un jour, pourtant, Sylvain fait irruption chez elle et lui enlève Hortense. « Regarde-la. Nous allons disparaître et tu ne la reverras plus. »


2015 : après des années de recherches vaines, Sophie ne s’est jamais remise de la disparition d’Hortense. Fonctionnaire au ministère de l’Éducation, elle mène une existence morne et très solitaire. Jusqu’au soir où une jeune femme blonde la bouscule dans la rue. Sophie en est sûre, c’est sa fille, c’est Hortense. Elle la suit, l’observe sans relâche. Sans rien lui dire de leur lien de parenté, elle sympathise avec la jeune femme, prénommée Emmanuelle, tente d’en savoir plus sur elle. La relation qui se noue alors va vite devenir l’objet de bien des mystères. Sophie ne serait-elle pas la proie d’un délire psychotique qui lui fait prendre cette inconnue pour sa fille ? Et la jeune femme est-elle aussi innocente qu'elle le paraît ?


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samedi 28 septembre 2013

Intégrale, Maus: un survivant raconte, Art Spiegelman

 
Nombre de pages: 296
Éditeur: Flammarion
Date de publication: Novembre 1998
VO: Américaine
 Maus nous conte l'histoire de Vladek Spiegelman, rescapé de l'Europe d'Hitler, et de son fils, un dessinateur de bandes dessinées confronté au récit de son père. Au témoignage bouleversant de Vladek se mêle un portrait de la relation tendue que l'auteur entretient avec son père vieillissant.
     Cela faisait quelques temps que j'avais envie de lire Maus. Je comptais me l'acheter ce mois ci, mais 30€ l'intégrale ça fait un peu cher! Et quelle surprise ça a été de le voir à la BU (bibliothèque universitaire). Je me suis jetée dessus. J'ai également emprunté Meta Maus avec que je lirai dans la semaine.

     Je pense que c'est un livre complexe à chroniquer, car il y a beaucoup de point sur lesquels j'ai des choses à dire..

  Cette BD est le témoignage recueilli  par Art Spiegelman sur la vie de son père, Vladek Spiegelman.
Vladek était un juif polonais qui a connu la terreur nazi et surtout la vie dans les camps.
  Je vais donc vous parler de la première chose que l'on voit en ouvrant ce livre: les graphismes. Le style de l'auteur est plutôt particulier. Personnellement j'aime beaucoup. Surtout les dessins plus complexes et travaillés comme celui de la couverture ou d'autres représentant des foules.
Je pense notamment à celui ci:
     Je comprend que pour certains, le style reste assez spécial et je pense qu'il peut rebuter. Il faut savoir que les cases sont très compactes, toujours en noir et blanc. Les dessins sont beaucoup moins travaillés avec des traits plus grossiers.
     Il y a aussi quelque chose d'important dans le style de l'auteur: les animaux. Chacun à sa propre interprétation de l'utilisation de la chose.      Personnellement je mise pour un sujet qui est diffcile à aborder d'une manière humanisée. Quand on fait face à des êtres humains pour la shoah, ça nous paraît tellement fou qu'on a conscience sans vraiment avoir conscience de la chose. Comment des humains ont ils pu arriver à de telles choses? Avec les animaux, bizarrement (et malheureusement) ça passe mieux.
     En plus de cela, les animaux de mon point de vu, permette à l'auteur de s'avancer dans l'histoire de son père sans y avoir assisté. Cela prend un certain recul avec la réalité, et avec réalité, j'entend réalisme dans le décor, scène, action. Avec un tel témoignage c'est compliqué de poser des images. Et cette prise de distance avec l'animalité a été je pense, plus aisé pour l'auteur.

   Maus est entrecoupé de scènes de la vie quotidienne entre Art et son père durant les recueils de témoignages et surtout la vie d'un juif durant la suprématie nazi.
Un grand contraste se met en place entre ces deux "mondes" notamment par le biais de Vladek.
     Art Spiegelman a choisit pour faire cette BD de relater le portrait de son père le plus réellement possible. Il ne modifie en aucun cas ses traits de caractères. Comme par exemple le fait qu'il se plaint énormément pour presque tout, et est très avare.
     Le portrait de ce vieux monsieur m'a un peu choqué. Comment peut on se plaindre de prendre x médiacaments par jour alors qu'on a connu l'horreur de l'antisémitisme sous le nazisme?
     J'ai trouvé cela énormément intéressant de voir le processus de résilience fait par Vladek. L'horreur du nazisme semble n'être qu'un petit événement dans sa vie. Un événement qu'il a su plus que surmonter et qui l'affecte d'une manière inattendue.
     La relation père-fil m'a aussi interloquée par moment. Art ne se gène pas à un moment de faire de l'humour noir sur Hitler avec son père. Je ne pensais vraiment pas qu'un homme pouvait surmonter une telle épreuve de cette façon. Au point de ne pas réprimender son fils pour cette réplique.
Art, malgré une relation compliqué avec son père, semble bien connaître les limites et a aucun moment n'est géné de le questionner sur son histoire.

     L'histoire de Vladek commence anodinement. On découvre un petit bout de sa vie avant la montée du nazisme. Ses amours, son travail etc. Début parfait pour mettre tous les évènements qui suivent en contraste. J'ai trouvé cet aspect angoissant. Personne ne se doute de l'horreur qui va s'abattre sur eux. On ne sait pas de quoi demain sera fait.

     Vladek raconte son histoire dans une chronologie précise. C'est la première fois que j'en apprend autant sur l'holocauste. Car c'est un holocauste vu de l'intérieur. J'ai beaucoup de mal habituellement pour me mettre à lire/visionner quelques chose sur la Shoah. C'est un sujet très sensible pour moi qui me touche beaucoup. Mais ici, je me suis laissée porter par l'histoire. J'ai toujours eu envie d'en savoir plus. Surtout qu'on sait que Vladek est un survivant. On veut savoir comment et pourquoi. Et cela réside dans deux mots : chance et ingéniosité.
     A chaque page, on se dit " il aurait pu se faire prendre là, sdfkjqslmfjdklmsj!" et en parallèle, on connait les histoires des autres qui n'ont pas eu cette même chance. C'est troublant.
     Vers la fin, j'avais ma gorge nouée. Ce récit est extrêmement touchant. Autant par la relation père fils, par l'évolution de Vladek que par la monstruosité décrite.

     Souvent je me suis surprise à penser que c'était une fiction. Fiction inspirée de faits réels: le génocide juif. Puis pouf! Non non Ly, c'est l'histoire d'un vrai monsieur. C'est ses souvenirs, ce qu'il a vu, vécu. Sa souffrance à lui.

     Tout le monde bien évidemment connaît cette période de l'histoire. Mais ce livre vaut vraiment la peine d'être lu. C'est une toute nouvelle vision que j'ai eu là. Surtout dans leurs techniques pour survivre. Les petites actions placées au bon moment, d'une parfaite ingéniosité. Vladek a eu énormément de chance pour être encore en vie. On ressent une angoisse, une peur. La peur qu'ils se fassent prendre, qu'ils meurent. Et se dire que ces sensations qu'on ressent sont des centaines de centaines de fois moindres que ce qu'ils ont réellement vécu...

      Bien évidemment, je n'utiliserai pas de système de notation pour ce livre. La raison semble évidente. Je vous conseille vivement de vous y plonger. On se doit de connaître l'horreur qu'on vécu les juifs durant cette époque. Et surtout ne pas fermer les yeux.






4 commentaires:

  1. Ce livre est dans ma wish list, et ta chronique confirme le fait que j'ai très envie de le lire.

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  2. Ta chronique est superbe, tu donnes très envie de le découvrir, surtout que ce n'est pas forcément un livre sur lequel je me serai jetée puisque c'est une BD!

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  3. Je suis tout à fait d'accord avec toi Ly, ce témoignage est très poignant et émouvant ! C'est même la raison pour laquelle j'ai choisi de présenter cette œuvre pour mon Histoire Des Arts ! J'espère que je tomberai sur cette œuvre car elle m'inspire beaucoup et j'ai super bien travailler dessus !!

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